Entrevue des anciens: Directives

Les reporteurs qui désirent couvrir les évènements au cours desquels des Anciens prodiguent leurs enseignements, doivent être au courant de quelques règles protocolaires simples que l’on doit suivre pour approcher les Anciens et déterminer comment utiliser l’information qu’ils recevront, dans des articles, des inserts parlés ou des photos/vidéos.

Les peuples autochtones ont un grand respect pour la sagesse acquise au cours d’une vie, mais l’âge n’est pas nécessairement la principale caractéristique qui définit un Ancien. Ceux et celles qui sont reconnus comme « Anciens », ont gagné le respect de leur communauté. Ce sont des gens dont les actions et les paroles véhiculent la cohérence, l’équilibre, l’harmonie et la sagesse, à travers leurs enseignements. Ils détiennent une connaissance et des compétences qui n’ont pas de prix. Il y a des manières précises de les transmettre à d’autres.

Les Anciens Inuits, Métis et des Premières nations sont partie intégrante des conférences, rassemblements régionaux et autres évènements médiatiques de l’Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA). Ils jouent un rôle vital en célébrant des cérémonies, faisant des présentations ou donnant des conseils. L’ONSA suggère les lignes directrices suivantes :

Offres de tabac Les Anciens

Les Premières nations et les Anciens Métis ont souvent des assistants qui travaillent avec eux et sont formés en conséquence. On peut demander à un assistant comment approcher un Ancien en particulier, étant donné que chaque nation a sa propre tradition. L’assistant dira alors si une offre de tabac devrait être faite en approchant un Ancien pour une entrevue.

Le tabac est une des quatre plantes sacrées. Les trois autres sont le foin d’odeur, la sauge et le cèdre. On offre parfois du tabac en reconnaissance de la sagesse que l’Ancien va partager. Le tabac peut être offert dans une blague à tabac, sous forme de cigarettes ou de guirlandes de tabac (tabac en vrac empaqueté dans un petit carré de tissu). Offrir du tabac à un Ancien établit une relation entre soi et l’Ancien.

Les Anciens Inuits n’attendent pas d’offre de tabac. Le tabac n’est utilisé pour aucune cérémonie dans la culture inuite. On peut éventuellement offrir un petit cadeau en guise de remerciement pour le temps et l’aide accordés par l’Ancien.

Afin de préserver les connaissances traditionnelles et la tradition orale, les Anciens Inuits sont généralement prêts à partager leurs histoires et à répondre aux questions lorsqu’on le leur demande. Comme beaucoup d’Anciens Inuits sont plus à l’aise dans la langue inuktitute, demandez à leur adjoint/interprète de vous aider dans l’entrevue et de traduire.

L’Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA) s’est donnée pour mandat d’appuyer les pratiques de guérison et l’utilisation des plantes médicinales autochtones traditionnelles et de faire le nécessaire pour les faire reconnaître et respecter. En tout cas, un petit cadeau en reconnaissance des connaissances et du temps qu’un Ancien vous a accordés, est habituellement bien accueilli.

Cérémonies

Lors des cérémonies spirituelles traditionnelles, Les Anciens Métis et des Premières nations préfèrent que l’on ne fasse pas d’enregistrements et que l’on ne prenne pas de photos. Ils demandent plutôt à tout le monde de participer aux cérémonies. Les chants d’honneur sont chantés pour honorer une personne, pour diverses raisons. Pendant un chant d’honneur, tout le monde se lève et enlève son couvre-chef. La purification est une cérémonie de prière au cours de laquelle des plantes médicinales particulières sont brûlées en offrande au Créateur et à la Terre. Les cérémonies comme la purification et les chants d’honneur sont des cérémonies privées qui se déroulent au sein des communautés; ce ne sont pas des évènements publics.

Les Anciens Inuits acceptent généralement que l’on prenne des photos au cours de l’éclairage du qulliq qui symbolise la lumière et la chaleur de la famille et de la communauté. Un qulliq est une lampe à huile de phoque utilisée pour chauffer un igloo ou qammaq (hutte de terre) et pour faire la cuisine.

Dans tous les cas, chez les Premières nations, les Inuits et les Métis, on doit avoir le consentement explicite de l’Ancien pour photographier ou enregistrer en audio ou en vidéo.

Ne touchez pas aux objets sacrés utilisés par les Anciens (pipes, qulliq, plumes d’aigle, poches de plantes médicinales, etc.), à moins que l’Ancien vous en donne la permission. Les photos de ces objets doivent être approuvées par l’Ancien.

Généralités

Être toujours respectueux, demander la permission, demander des clarifications si vous ne comprenez pas quelque chose et suivez les directives qui vous sont données.

Une certaine humilité est aussi très utile. De nombreux Anciens enseignent que de l’humilité doit se refléter dans la manière dont chaque personne se présente et interagit avec les autres. Une manière appropriée de se vêtir est aussi un geste significatif.

Parler fort, interrompre et accélérer la conversation est considéré comme étant déplacé et rude et risque de ne pas susciter les réponses attendues.

Les enseignements autochtones dispensés dans le cadre d’évènements publics comme des conférences, ne sont pas considérés comme étant du domaine public ou appartenant à la connaissance générale. Lorsque l’on veut utiliser les paroles d’un Ancien ou rendre compte des débats, il faut demander à l’Ancien en question et/ou à un des organisateurs avant d’agir.

Si l’on a quelques doutes, il vaut mieux demander de l’aide à l’Ancien en question, à son assistant ou à l’un des organisateurs. Chaque situation est différente. Il ne faut pas présumer que tout est permis tout le temps. Une permission est nécessaire pour chaque situation et ne doit jamais être considérée comme implicite à la suite d’interactions antérieures.

L’Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA) s’est donnée pour mandat d’appuyer les pratiques de guérison et l’utilisation des plantes médicinales autochtones traditionnelles et de faire le nécessaire pour les faire reconnaître et respecter.